Monique Roes : « Nous misons sur le service et l’accueil »

Le 13 février, Roes a déménagé et rouvert quelques mètres plus loin. Une institution installée à Koné depuis 1980 qui cherche à s’adapter à la demande engendrée par le développement de la zone VKP. Entrevue avec Monique Roes, sa co-gérante.

Par Aude Perron

Les Nouvelles Calédoniennes : Les établissements Roes ont vu le jour sur la RT1 en 1980. Racontez-nous vos débuts…

Monique Roes : Nous savions que le local sur la RT1 était à vendre. Mon mari, Yvon, et moi avons d’abord racheté le fonds de commerce, puis le terrain et les murs. Au début, en plus de l’épicerie, nous vendions des vêtements et des chaussures car il n’y avait pas de boutique de mode à Koné. Nous avions aussi devant le magasin deux pompes Total. Il n’y avait que nous pour le carburant. Mais c’était contraignant : on se faisait réveiller parfois la nuit pour des urgences, voire des Evasan. D’autres fois, il n’y avait aucune urgence, mais les gens nous réveillaient quand même !

En 32 ans de commerce, quels souvenirs gardez-vous ?

Le magasin a toujours plutôt bien fonctionné et nous avons toujours eu une clientèle fidèle. Nous n’avons jamais vraiment eu d’ennuis. Il y a eu quelques moments difficiles, notamment les Événements. À l’époque, un jour on ouvrait, un jour on fermait. Dès qu’on voyait des groupes arriver dans le village, on baissait vite les rideaux. Au final, le magasin a toujours été épargné. Je suppose que c’est parce qu’on servait tout le monde, les Blancs comme les Mélanésiens. Mais c’est quand même une période qu’il est difficile d’oublier.

Pourquoi ce nouveau magasin ?

Ca fait un petit moment que nous murissions ce projet. Le besoin s’est fait de plus en plus pressant avec le développement généré par l’usine. L’occasion de déménager s’est récemment présentée. Ce local, c’est l’ancien Koné Mat que nous louons au propriétaire avec des baux de trois ans. C’est un local d’environ 425 mètres carrés avec une mezzanine qui fait la moitié de la surface du rez-de-chaussée. C’est 50% plus grand que l’ancien magasin et c’est aussi plus lumineux. Nous avons adapté le local à nos besoins et avons tout remis à neuf : les frigos, les étagères, les caisses, etc. C’est un investissement important. On a embauché deux nouveaux employés. Notre équipe compte maintenant 15 personnes. Et je reçois des CV tous les jours.

L’offre du magasin sera-elle différente ?

Les Pêcheries du Nord vont maintenant livrer chez nous. Et vous allez retrouver plus de produits asiatiques, comme les soupes, par exemple. Ils sont prisés des Philippins, des Chinois, des Coréens et des Thaïlandais qui travaillent à Vavouto. Chaque dimanche, ils descendent en autocar pour faire leurs courses chez nous.

Craignez-vous l’arrivée de nouveaux concurrents, tels que le nouveau Koné Discount, prévue en décembre prochain ?

Bien entendu, ce sont de grandes chaînes qui peuvent commander en gros et casser les prix. Nous ne pouvons pas faire ça, alors nous misons sur le service et l’accueil. Nous avons quatre caisses pour éviter les files d’attente. Toutes les caissières ont un badge qui indique leur nom. C’est quelque chose que nous avons appris dans une formation de la Chambre de commerce et d’industrie. Nous misons aussi sur les heures d’ouverture : nous sommes ouverts en continu en semaine et les week-ends, nous fermons à 19h. Personne n’en fait autant. Nous ne sommes pas devenu un grand supermarché et nous ne le souhaitons pas.

Que va devenir l’ancien magasin ?

Il a été complètement rasé la semaine dernière. A partir de 2013, c’est un édifice de deux étages qui prendra la place. Le rez-de-chaussée sera occupé par Koné Chasse et Koné Pêche. Il y aura aussi un autre local commercial, mais pour l’instant, nous ne lui avons pas trouvé de vocation. Les deux étages du dessus seront destinés à du logement. Il y aura douze F2, mais KNS a déjà mis une option dessus…

Que pensez-vous des changements qui s’opèrent à Koné ?

Bien sûr, avec l’usine, il y a de plus en plus de monde et il y a de nouveaux quartiers qui se montent. C’est très bon pour le commerce, mais je commence à trouver que ça évolue trop vite. Il manque plein de choses ici. Il manque une grande place pour faire un parking et il faudrait installer des toilettes publiques et réinstaller les bancs publics qui ont été abîmés et retirés. Il faudrait aussi faire de Koné une ville plus jolie et plus propre.

Photo : A. P.

« Nous misons sur le service et l’accueil », Les Nouvelles Calédoniennes, 10 mars 2012.

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