Alors que les médias du monde entier sont dans la tourmente, leurs confrères calédoniens, eux, sont encore à l’abri. Mais pour combien de temps encore ?
Par Aude Perron
Une certaine confiance. Voilà ce qui unissait la brochette de panélistes invités mardi soir dernier par le Lycée agricole de Nouvelle-Calédonie à Pouembout pour venir parler à une cinquantaine d’élèves, dans le cadre de leur cours d’éducation socio-culturelle, du métier de journaliste et de l’avenir des médias calédoniens. Le milieu était représenté par Gilbert Assawa de RFO-Nouvelle-Calédonie/France Télévision, Franciska Tyuienon, chargée de projet à la television citoyenne de la Province Nord, Marjorie Bernard des Nouvelles Calédoniennes, Magaly Tigal de Radio Djiido et enfin Jean-Luc David de Târâ â Pitu et Pala hin Hnémo, deux publications de la Province Nord.
Pourquoi donc cette table ronde ? La presse traditionnelle est en pleine tourmente, notamment en raison de l’avènement des technologies grâce auxquelles l’information est livrée dans l’instantané et de nouveaux médias, citoyens, ont pu voir le jour. Les médias sont bousculés et contraints de changer de modèle d’affaire pour survivre. Mais en Calédonie, le marché est petit, les médias sont peu nombreux à se partager la tarte publicitaire et Internet n’est pas encore entré dans toutes les chaumières. Alors, on reste assez serein pour le moment. « Je suis assez confiant pour l’avenir. Il y aura toujours de la place pour une presse de proximité, estime Jean-Luc David. Mais on est en transition. »
En effet, ça bouge. La télévision numérique terrestre (TNT) arrivera dès novembre prochain et permettra l’apparition de deux chaines à contenu local. En guise de riposte, RFO a redessiné sa grille en début d’année pour lui donner une saveur de proximité. Bref, on ne se repose pas sur ces lauriers et on tente de surfer sur la vague. « On suit la technologie. Les supports changent constamment », confirme Gilbert Assawa.
Quant aux Nouvelles, le site web vient tout juste de se refaire une beauté et offre aux internautes plus de réactivité sur les événements et surtout plus d’interactivité. « On a un gros défi face aux nouvelles technologies. Vous, les jeunes, vous aimez plus Internet que le papier, fait Marjorie Bernard, s’adressant à l’auditoire. Alors comment vous attirer vers ce que l’on fait ? Que voudriez-vous qu’il y ait dans le journal pour avoir envie de le lire ? »
Ce n’est pas mardi soir que ces réponses ont été trouvées. Mais le modérateur de la table ronde, l’ethnologue Patrice Godin, a rappelé aux jeunes leur rôle face à l’information : « Dans ce pays, on est souvent trop passif par rapport à l’information. Il faut être actif, ne pas se contenter d’une seule source, recouper l’information pour se faire une opinion. C’est votre rôle. Il est primordial. »
Photo : A. P.
Prendre les changements à bras-le-corps, Les Nouvelles Calédoniennes, 17 mai 2010.

