Quand les GI’s ont débarqué

Samedi, la commune s’est souvenue de la présence des Américains. Au programme : visite commentée à la Plaine des Gaïacs, exposition, reconstitution en tenues d’époque, conférence, danse et jeux des années 40.

Par Aude Perron

Ce n’était pas la foule attendue qui s’est présentée à la journée animée de l’association Raconte-moi Pouembout. La faute, peut-être, à la Fête de la mandarine, à Canala, ou encore, à la Transcalédonienne. Pourtant, le programme était bien rempli et varié. Et surtout, il s’agissait de célébrer le 70e anniversaire du débarquement des Américains, dont quelque quatre milliers étaient stationnés à la Plaine des Gaïacs.

C’est d’ailleurs là, qu’a débuté la journée des festivités. Au mémorial de la plaine, Paul Paturel, président de l’association Americal Museum, a raconté l’histoire de ce site et son rôle dans la guerre du Pacifique : « La reconquête du Pacifique s’est faite à partir de la Plaine des Gaiacs, a-t-il relaté à la quarantaine de personnes présentes. Après la bataille de Guadalcanal, cette base aérienne a perdu de son importance et le gros de l’activité a été transféré à Tontouta. » Un des membres fondateurs du club Kiwanis, Guyèdre Wamedjo, était également présent : « Ce sont les B24 qui sont partis d’ici qui ont stoppé l’avancée japonaise. Ce n’est pas banal. » Et c’est pour souligner ce fait d’arme que le club a souhaité faire construire ce mémorial, une réalisation de la Province et de la commune de 3 millions de francs, inauguré en 2005.

Après cette visite qui invitait au recueillement, l’après-midi était plutôt à la fête sur l’esplanade du château Grimigni. Une reconstitution en tenues d’époque était organisée : 10 figurants était costumés de la tête aux pieds au détail près, dont un soldat de l’Americal Division, un pilote de P400, un Marine’s et un colonel de la US Army Air Forces. Cinq nurses ont également joué le jeu. Deux Jeeps d’époque faisaient partie de la reconstitution, dont une authentique Jeep Willys « Slat Grille », restaurée par Angelo Tual, carrossier de métier et passionné par ces légendes sur quatre roues dont il ne resterait que 200 exemplaires dans le monde.

Les caves du Château abritaient une exposition retraçant la construction de l’aérodrome et la vie quotidienne durant cette période, complétée par des objets de l’époque provenant de la collection Paturel et de collections privées ainsi que par un diaporama photos/audio illustrant les souvenirs heureux des habitants de Pouembout. « Contrairement à d’autres pays, la guerre rappelle de bons souvenirs en Calédonie. C’est une période d’abondance, de découverte de nouvelles techniques. C’est l’arrivée de la modernité », rappelle Joëlle Avril, de l’association Raconte-moi Pouembout.

La journée s’est achevée avec une conférence de l’historien André Jacquier à laquelle ont assisté une trentaine de personnes. Avec force chiffres, il a rappelé les moyens « ahurissants », qu’ils soient humains ou matériels, déployés pendant la guerre du Pacifique.

Photo : A. P.

Quand les GI’s ont débarqué, Les Nouvelles Calédoniennes, 3 juillet 2012.

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