SCK-SKB : entre confiance et perplexité

La construction de l’usine du Koniambo arrive à son terme, inexorablement. Et pour de nombreuses entreprises du bâtiment, il y a de l’inquiétude. Mais pas forcément pour Xavier Cevaer, qui craint plus la TGA que la démobilisation.

Par Aude Perron

« Il y a trois ans encore, notre situation était à déplorer. Mais depuis un an, on sort la tête de l’eau. » Xavier Cevaer ne va pas dire le contraire : le gérant de SCK et SKB aurait bien voulu remporter plus de marchés liés à la construction de l’usine et par moments, il a eu du mal à digérer la perte de certains contrats. Toutefois, son risque est mieux réparti et aujourd’hui, la vapeur se renverse : en effet, le méga-chantier ne représente que 10 à 20% de son chiffre d’affaires, le rendant moins vulnérable face à la démobilisation. Pendant ce temps, sous l’effet Vavouto, les collectivités du Nord engagent de nombreux travaux d’infrastructures publiques pour combler le déficit existant. Que du bon pour le fabricant de cailloux et de béton. Alors, cette démobilisation, Xavier Cevaer ne la craint pas. Il croit même qu’elle va lui permettre de récupérer de la main-d’œuvre qualifiée !

Cependant, tout n’est pas au beau fixe. En raison de la pénurie de logement et des prix « délirants » qu’elle engendre, Xavier Cevaer est incapable d’installer sur VKP du personnel encadrant qui, pour le moment, se partagent les allers et venues entre Nouméa et Koné. S’il pouvait loger deux ou trois cadres, l’homme d’affaires assure qu’il pourrait alors développer une activité de préfabrication qui produirait tuyaux, regards et autres éléments en béton prêts à l’usage. « Cela représente entre 200 et 300 millions CFP d’investissements qui ne sont pas réalisés. Et une dizaine d’emplois qui n’est pas créée », déplore-t-il, ajoutant que SCK-SBK ne fonctionne qu’à 50 % de sa capacité seulement.

En dehors de ces cadres nouméens, le personnel chez SCK et SKB est, à toutes fins pratiques, local. Il est même « localisé », ce qui permet de contourner le problème du logement. En effet, les GDPL de Baco et de Koniambo sont entrés dans le capital des deux sociétés, à hauteur de 15 % au total. En échange, le concasseur et fabricant de béton s’est engagé à favoriser l’embauche de travailleurs en provenance de ces tribus de Koné, situées toutes les deux à un jet de pierre de la carrière. « Dans ces circonstances, je ne subis pas la loi sur l’emploi local », se réjouit Xavier Cevaer.

C’est davantage les effets de la TGA que l’entrepreneur s’attend à subir. En tant que vice-président de la CCI en charge de l’industrie, il a mené, il y a quelques années, une étude sur les conséquences d’une telle taxe sur les entreprises du BTP et de l’industrie en général. « L’impact sera évident, tranche-t-il. Je prévois une inflation de l’ordre de 5 ou 6 % pour le consommateur final. Je suis assez perplexe par rapport aux transformations dans la fiscalité. Du coup, j’ai tendance à freiner mes projets d’investissements et j’attends de voir », conclut-il.

Fiche d’identité :

Dénomination : Société Carrière de Koné et Société Koné Béton 

Signes particuliers : actionnariat populaire dans le capital à hauteur de 15 %

Employés : 25

Chiffre d’affaires (2011) : 500 millions CFP

Projets : une unité de préfabrication de produits du béton

SCK-SKB : entre confiance et perplexité, Objectif, juin-juillet 2012, p. 36.

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