Quatre artistes traversent le désert

Jeudi et samedi prochains, le complexe culturel sera animé par une production originale du Chapitô, écrite à 8 mains et débouchant sur un débat où le spectateur est invité à s’exprimer sur le thème du destin commun. 

Par Aude Perron

« Les gens ne doivent pas venir seulement en tant que consommateurs d’un spectacle. Ils doivent venir avec l’idée de s’approprier le spectacle, de dialoguer, de participer à la réflexion sur le destin commun. » Voilà, la comédienne et metteur en scène, Anne-Sophie Conan-Arzul, du Chapitô, a posé les conditions. Car « Désert », le spectacle sur lequel elle travaille et qui sera présenté au Complexe culturel de Koné, jeudi et samedi prochains, est pour le moins une démarche artistique originale. D’abord, il a été écrit à 8 mains : le poète Luc Enoka-Camoui, et le chorégraphe Richard Digoué, le slameur Paul Wamo, ainsi que Anne-Sophie Conan-Arzul. Et tout un chacun joue son propre rôle et fait des propositions sur notre identité commune. 

Mais la particularité de cette production, c’est le débat qui est prévu à la fin des représentations où les spectateurs sont invités à s’exprimer. Alimentés par ce qui va ressortir de ces débats, les créateurs retourneront à l’écriture pour enrichir leurs propositions. Pour Anne-Sophie Conan-Arzul, ce travail est nécessaire car les Calédoniens sont inquiets. « Le climat actuel est mouvementé, la société est violente. On subi beaucoup de choses et on ne sait pas où on s’en va, comment on est accompagné vers l’avenir, confie la jeune femme. C’est notre rôle à nous, artistes, de stimuler cette réflexion dans un espace neutre. Nous sommes fatigués du dialogue qui ne va que dans un seul sens. »

Si tout va bien, le spectacle atteindra sa forme aboutie d’ici un an et l’œuvre collective sera à nouveau présentée. Une façon pour les créateurs de meubler une petite partie de ce désert où le destin commun reste à construire.

Photo : A. P.

Quatre artistes traversent le désert, Les Nouvelles Calédoniennes, 22 septembre 2011.

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