Lancée à la rentrée 2015, la prépa littéraire du lycée Lapérouse compte 25 étudiants. En avril prochain, ce sera le grand test avec le concours pour lequel les deuxième année se préparent déjà.
Par Aude Perron
Depuis le lancement de la formation, en février 2015 au lycée Lapérouse, ils en ont perdu plusieurs en chemin et aujourd’hui, il reste moins de la moitié de la cohorte initiale. Mais les six étudiantes de deuxième année de prépa littéraire – ou khâgne, dans le jargon – poursuivent leur œuvre de pionnier en constituant la première promotion (100 % féminine) chargée de tester cette classe qui, au bout de deux ans, permet d’accéder à de grandes écoles en Métropole.
En décembre, elles devraient normalement avoir complété leur parcours. Or, pour cause de calendrier austral, « on les garde au lycée jusqu’au concours, au mois d’avril suivant, indique Nicolas Ruellan, proviseur de l’établissement du quartier de l’Artillerie. Au final, sur deux ans, les étudiants gagnent quinze semaines de préparation, c’est un avantage non négligeable. » Sans compter qu’ils ont à leur disposition des professeurs agrégés – lettres, histoire, philosophie, langues, etc. – qui leur sont entièrement dédiés. « C’est un peu un enseignement en vase clos », admet Nicolas Ruellan.
Davantage de réflexion
Le programme n’en demeure pas moins bien chargé et il faut s’accrocher : 29 heures (minimum) de cours en première année et 26 heures en deuxième, auxquelles s’ajoutent devoirs obligatoires et facultatifs. « La prépa exige un bon niveau scolaire et une grande force de travail personnel, confirme Olivier Hoffer, coordonnateur de la classe et enseignant en géographie. Mais elle élève le niveau de culture générale et améliore les méthodes de travail. Cela donne confiance en soi, ce qui est déterminant pour la suite. »
Pour Félicia, comme pour les dix-huit autres de première année (ou hypokhâgne), l’adaptation a pris un peu de temps : « On nous avait dit que ce serait exigeant et je suis arrivée avec le rythme du lycée. Alors que le rythme de la prépa, c’est le travail obligatoire mais tout ce qu’il y a autour pour améliorer nos connaissances et notre réflexion. »
Accès aux écoles
Mais cette formation est un bon moyen de se discipliner, ajoute son camarade Toga, de Wallis-et-Futuna, un des quatre étudiants masculins de cette cohorte. « Et cela permet de pousser toutes les matières à un niveau supérieur et voir où on est le plus fort, avant d’avoir à se spécialiser. »
Il a encore du temps : c’est dans plus d’un an et demi qu’il devra se positionner, lorsque tomberont ses résultats au concours des écoles normales supérieures, réputées pour former la crème de l’enseignement. Et du choix, il en aura : depuis une réforme datant de 2009, ce concours donne également accès à une quarantaine d’écoles en commerce, en traduction, en journalisme, en sciences politiques et même à Saint-Cyr. « Cela valorise la filière littéraire, à travers la diversité de parcours et de débouchés possibles », fait remarquer Nicolas Ruellan. Pour Sarah, de Lifou, en deuxième année, ce sera Sciences Po. En attendant, elle profite de sa prépa qui lui permet de rester au pays avant le grand saut. « Je n’ai jamais été en Métropole et je n’ai pas de famille là-bas », confie-t-elle, non sans appréhension.
Photo : A. P.
Quinze semaines de plus pour préparer son concours, Les Nouvelles Calédoniennes, 2 août 2016.

