Ras-le-bol du braconnage

Vendredi, éleveurs, préfecture et gendarmerie se sont rencontrés pour faire un point sur le phénomène de braconnage. Irrégulier et difficile à chiffrer, il est toutefois bien réel.

Par Aude Perron

Ils n’étaient que quatre éleveurs de bétail et pourtant, se trouvaient en face d’eux trois membres de la préfecture et deux de la gendarmerie. Ce sont les services de l’état qui ont souhaité se mobiliser pour mieux évaluer le phénomène de braconnage en province Nord. « Ce que l’on remarque, c’est qu’il y a un décalage entre le nombre de cas de braconnage que les éleveurs rapportent et le nombre de plaintes enregistrées par nos brigades », explique Régis Elbez, commissaire délégué de la République pour la Province Sud qui assure l’intérim dans le nord depuis le départ d’Armand Apruzzese.

Cerner le braconnage est délicat. S’il est pratiqué principalement pour récupérer la viande (bœuf ou cerf), il est irrégulier et il n’est pas facile de dégager une tendance entre les cas, selon Philippe Cogulet, installé à la Plaine Ciré, à Poum. « Le plus gros cas de braconnage chez moi remonte à il y a 4 ans, mais j’en ai connu un autre l’an dernier. Chez mon voisin, c’était il y a 15 jours seulement. » Et une bête tuée représente un manque à gagner de 130 à 150 000 francs, voire 200 000 francs. « Mes bêtes, c’est mon gagne-pain. C’est mon unique revenu », poursuit celui dont le troupeau compte 600 têtes.

« Vos plaintes, même si elles sont tardives, doivent être systématiques, insiste le sous-préfet. Même si vous ne le percevez pas, la chaine judiciaire fonctionne. » Pour autant, mettre la main sur les malfaiteurs n’est pas si simple : il ne suffit pas d’intercepter les fraudeurs dont les pick-ups sont garés aux abords d’une propriété au milieu de la nuit ; il faut prendre les braconniers sur le fait. « On patrouille, mais il est facile d’observer nos allers et venues. Avec les mobiles, ils peuvent s’avertir les uns les autres. Agir habillés en civil ou à bord de véhicules banalisés ? Ce doit être encadré juridiquement et seulement certaines unités peuvent le faire, précise Armand Cabanne, commandant de la compagnie de gendarmerie de Koné. Mais si nous les prenons sur le fait, l’arme est saisie dans la plupart des configurations. » 

Pour Philippe Cogulet, ce n’est toutefois pas assez. « Le braconnier n’a qu’à se rendre à l’armurerie le lendemain pour se procurer une autre arme. Cela aurait plus d’effet si l’on confisquait son véhicule. Tant qu’il n’y aura pas de sanctions plus sévères, je ne crois pas que la situation va changer. »

Divagation du bétail sur Ouégoa

Les bétails en divagation sur Ouégoa sont nombreux : quatre ou cinq bêtes au village et une vingtaine vers le col d’Amos. Un gros souci en matière de sécurité routière, sans compter les champs et les cultures piétinés. Non marqués, il est difficile de trouver et sanctionner le propriétaire négligent. En attendant, comment les capturer ? Et où les parquer ? « Les éleveurs doivent clôturer leur propriété et la commune doit empêcher la divagation du bétail avec un arrêté », a rappelé Régis Elbez. 

Légende : En dehors des problèmes de braconnage, la divagation du bétail à Ouégoa a été pointée du doigt.

Photo : A. P.

Ras-le-bol du braconnage, Les Nouvelles Calédoniennes, 19 mars 2013.

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