Silence, ça pousse sur le site de Vavouto

L’industriel a fait appel à Nouméa Archives afin d’augmenter son utilisation du papier recyclé dans ses opérations de revégétalisation du massif et du site.

Par Aude Perron

C’est ce qu’on appelle un partenariat gagnant-gagnant. D’un côté, Nouméa Archives, qui, chaque année, doit se défaire de près de 400 tonnes de papier par an et souhaitait les valoriser. De l’autre, KNS, qui souhaitait augmenter l’utilisation du papier dans la composition de son paillis, une pâte qui sert à revégétaliser les terrains miniers suite à des travaux de terrassement. Et voilà que cette année, Nouméa Archives va fournir 135 tonnes de papier broyé à KNS.

L’initiative est celle de l’industriel. KNS utilisait déjà du papier dans ses opérations de revégétalisation, dont l’objectif est de limiter l’érosion des sols et rendre les zones touchées à leur état initial, autant que possible. Pour ce faire, il utilisait le papier recyclé à l’interne et s’est également mis à en récupérer dans les mairies et les écoles. Mais les besoins grandissent car la construction est en plein boom à Vavouto : « Les activités de revégétalisation suivent le terrassement, résume Antoine Leveau, chef de service revégétalisation chez KNS. Dès que le terrassement est terminé, on revégétalise dans les quinze jours qui suivent. » Comme il faut plus de papier, KNS se tourne vers Nouméa Archives qui trouve là, une solution pour une partie de ce papier qu’elle souhaite recycler d’une façon ou d’une autre. « C’est un circuit parfait, 100% local, de revalorisation du papier en Nouvelle-Calédonie », se félicite Alexandre Jacquelin, commercial chez Nouméa Archives.

Comment ça marche ? Une fois le papier trié, débarrassé de ses trombones et élastiques, il est broyé dans une machine dont l’alimentation se fait à la main. Fait à noter, l’encre ne pose pas problème, apparemment : des tests ont été réalisés pour conclure que la présence de métaux lourds dans l’encre était minime sinon nulle. Puis ces copeaux sont transportés en vrac à Vavouto. Là, dans une cuve, il constitue 50 % d’un savant mélange qui comprend également de l’eau, de la fibre de bois ou de coton, des engrais biologiques (granules de compost et solutions riches en bactéries et en enzyme), des engrais chimiques et bien entendu, des semences. Parmi ces semences, on trouve du gazon qui pousse rapidement et permet de stabiliser le sol et limiter ainsi son érosion (ce qui évite notamment la contamination des cours d’eau). Les autres semences du mélange sont autochtones qui, grâce à la stabilisation du sol, peuvent germer par la suite. Enfin, ce mélange est projeté à l’aide de lances à incendie ou canons sur les terrains en pente et les talus. 

« Dans les deux prochaines années, on espère revégétaliser 300 hectares avec ce procédé », indique Antoine Leveau. Et son service ne semble pas à court d’idées pour recycler et améliorer son paillis de semences : bientôt, les résidus d’assiettes de la cantine seront récupérés dans des composteurs industriels et iront bonifier le mélange à revégétalisation. Sachant qu’en mai 2011, environ 6000 personnes travailleront sur le site et consommeront entre un et deux repas à la cantine chaque jour, le jeu en vaudra certainement la chandelle.

Photo : A. P.

Silence, ça pousse sur le site de Vavouto, Les Nouvelles Calédoniennes, 23 août 2010.

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