Surfant sur la vague du bien-être, les spas se multiplient dans la capitale. Pour les hôtels en particulier, ils sont une indéniable source de revenus supplémentaires. Nul doute qu’ils ont de beaux jours devant eux.
Par Aude Perron
Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Cette invitation au voyage, c’est un peu l’hôtel Le Méridien qui la fait. Le 1er avril dernier, il a ouvert son tout nouveau spa Deep Nature (voir encadré), après 14 mois de travaux. Quelque 900 mètres carrés où sont réunis une salle de fitness, un jacuzzi intérieur et extérieur, un hammam, un sauna ouvert sur l’extérieur, une salle de relaxation et onze cabines dédiées aux massages et soins esthétiques. Le tout pour la bagatelle de 400 millions de francs. « C’est un investissement normal pour un spa qui réponde aux standards Starwood, commente Dominique Michaud, directeur régional Starwood Nouvelle-Calédonie et directeur du Méridien de Nouméa. Aujourd’hui, le mot spa est galvaudé. Chez nous, pour avoir la dénomination Resort & Spa, il faut un espace d’au moins 500 mètres carrés. »
Une fois les travaux sur les chambres terminés (seulement 120 sont disponibles sur les 207) et que le spa aura trouvé son allure de croisière, Dominique Michaud prévoit un chiffre d’affaires de l’ordre de 100 millions de francs. « Le spa est un outil formidable pour inciter la clientèle à dépenser car elle est captive », résume-t-il.
Démocratisation. En attendant, l’endroit, ouvert aussi aux clients externes, a déjà trouvé ses adeptes. C’est le cas de Sophie, esthéticienne de métier. « Le cadre est joli, les techniciennes sont compétentes et les massages me correspondent. Je peux aller en accès libre au spa tous les jours s’il le faut car je suis en position debout toute la journée, j’ai besoin de dénouer les tensions. » Pour un budget mensuel de quelque 20 000 francs.
Si tous les spas de Nouméa n’ont pas la facture de celui du Méridien, il n’en demeure pas moins qu’ils se multiplient, au sein d’hôtels et ailleurs : Aquaroyal, Harnn, Le jardin d’Elise, Shankara, pour ne nommer que ceux-là. « Le spa s’est démocratisé ; il y a une vraie demande pour ça, confirme Cyrille Richet, gérant du spa Harnn, à Port-Plaisance. D’ailleurs, je ne fournis pas à la demande et j’ai une liste d’attente de trois semaines. » C’est pourquoi il vient de récupérer l’ancien espace bien-être du Ramada qui « avait une grande volonté de renouveler son concept ».
Même l’hôtel Le Lagon -qui n’a malheureusement pas répondu à nos appels – a fait le pari du spa. Plus modeste que ceux des chaînes hôtelières de l’Anse-Vata, le sien est pourvu d’un jacuzzi, d’un bain tourbillon, d’un sauna, d’une piscine chauffée et d’une carte de massages et autres soins.
Inévitable. Quant aux établissements qui n’ont pas de spa, ils y songent. C’est le cas du pôle hôtelier de Nord Avenir, qui compte 900 lits répartis dans six établissements dont le Beaurivage et Le Surf, à Nouméa. « Il y a un besoin des clients qui est exprimé, et une réflexion est en cours pour équiper certains de nos hôtels car c’est un argument de vente », confirme Sylvie Brier, chez Nord Avenir. Pour l’instant sont visés l’hôtel Koniambo et La Néa, sur Koné, mais également Le Koulnoué, à Hienghène, qui est en cours de rénovation. Il s’agirait là des premiers spas en province Nord. Sur la capitale, à un moment, « le marché va saturer », croit Dominique Michaud. Mais ça n’est pas tout de suite, poursuit-il, en pointant un exemplaire de The Good Life, un magazine pour hommes d’affaires. La clientèle masculine, de plus en plus encline à prendre soin d’elle, représente en effet un marché encore inexploité.
Repères
Légende urbaine
La croyance selon laquelle « spa » serait l’acronyme de « sana per aquam », c’est-à-dire la santé par l’eau, tiendrait d’une (jolie) légende urbaine. C’est plutôt la ville thermale de Spa, en Belgique, qui aurait donné son nom au spa, ainsi qu’à une marque d’eau minérale.
D’où viens-tu, Deep Nature ?
Pour opérer ses spas, Starwood Nouvelle-Calédonie est allé chercher le savoir-faire de Deep Nature, une société française née à Chamonix, il y a 11 ans. Aujourd’hui, elle gère presque 40 spas, en France principalement, toujours rattachés à des chaînes hôtelières haut de gamme. Dans le monde, elle opère le spa des hôtels InterContinental de Bora Bora et de Tahiti. En Calédonie, Deep Nature est installé au Sheraton de Déva et ouvrira d’ici la fin de l’année au Méridien de l’île des Pins.
Le chiffre
400. C’est en millions de francs le montant de l’investissement nécessaire pour réaliser le tout nouveau spa du Méridien.
Photo : Thierry Perron
Source de bien-être en vogue, Les Nouvelles Calédoniennes, 11 mai 2015.

