Depuis lundi, les écoles et autres centres de formation de toute la province Nord vibrent au rythme de la Fête de l’Internet, une initiative de l’Office de développement de la cyberculture (ODC). Coup d’œil sur une intervention au collège de Koné.
Par Aude Perron
Il fait tout noir dans la salle de cours du collège de Koné où l’Office de développement de la cyberculture en province Nord (ODC), avec l’association Fabamel, intervient pour sensibiliser les élèves aux dangers de l’Internet. C’est qu’une quinzaine d’élèves regardent une projection de petits vidéos percutants sur des jeunes qui se font piéger sur Internet : une jeune fille est la victime d’un meurtrier rencontré sur le web, des enfants disparaissent, enlevés par un pédophile, un adolescent se déshabille devant sa webcam et se rendra compte que la jeune fille qui le regarde et qui l’imite, n’est nulle autre que sa sœur…
Drôle d’ambiance pour une Fête de l’Internet ! Mais pour Joanna Welet, présidente de l’ODC, le thème de cette opération annuelle est très important. « Et les dangers de l’Internet, c’est aussi les virus, les vers et le spam. C’est aussi les activités de plagiat et de piratage. Il faut dire aux jeunes ce qu’ils risquent s’ils sont pris à faire des choses illégales. »
En attendant, dans la classe, on entend les uns et les autres s’exclamer ou alors pousser des petits cris de dégoût ! Après chaque vidéo, Fabi Le Gaudu, de l’association Fabamel, qui co-anime l’intervention, enchaine : « On ne se déshabille pas devant sa webcam. Tout le monde peut vous voir. Le film peut être copié et distribué dans votre école. » Et là, bonjour les ennuis…
Mais il y a encore pire : entre un violeur, un tueur en série et un pédophile, on peut faire de très mauvaises rencontres sur Internet. Il y aurait un milliard d’internautes dans le monde et parmi ces personnes, il n’est pas difficile d’imaginer qu’il en existe de mal intentionnées. Fabi Le Gaudu n’hésite pas à qualifier d’Internet d’un quasi-terrain de chasse et rappelle qu’un enfant sur trois y est approché sexuellement. « On ne sait jamais avec qui on est sur Internet. Il n’y a jamais moyen de vérifier les informations qu’on nous donne. »
Il y a de bonnes nouvelles aussi : c’est que les élèves semblent connaître les dangers qui les guettent sur Internet. « C’est vrai qu’il faut être prudent, dit une des adolescentes présentes, qui indique passer une heure ou deux sur MSN et Facebook chaque soir. Mais il y a un contrôle parental sur mon ordinateur. » Ces dispositifs de contrôle ont toute leur raison d’être, pour Fabi Le Gaudu, mais mieux encore, tous les parents devraient, eux aussi, assister à cette présentation : « Beaucoup ne savent pas ce que font leurs enfants sur Internet. »
Photo : D. R.
Surfer en toute sécurité, Les Nouvelles Calédoniennes, 23 juillet 2010.

