Un cinéma de résistance

Samedi soir, le rideau est tombé sur la neuvième édition du festival du documentaire de Poindimié, après plus d’une semaine de projections de films venus des quatre coins du monde, dont la moitié du Pacifique.

Par Aude Perron

C’est pour « sa grande maîtrise et son inventivité cinématographique » et à l’unanimité que Above and Below, de Nicolas Steiner, a remporté le prix du meilleur long-métrage, samedi soir, à l’occasion de la cérémonie de clôture du festival Anûû-rû Âboro, à la tribu de Wagap, à Poindimié.

Le jeune cinéaste suisse de 31 ans a également rallié les suffrages de la nouvelle génération, qui lui a accordé le Prix du jeune public. Deux prix, donc, pour ce documentaire sur cinq Américains qui vivent en marge de la société (lire ci-contre). « Un prix venant des jeunes et un autre des moins jeunes, c’est le meilleur compliment que je puisse recevoir », a confié le réalisateur, presque incrédule.

Above and Below incarne à lui seul l’esprit de la soixantaine d’œuvres qui ont été projetées jusqu’à samedi : la résistance. « La résistance résume tous les films et englobe tout le cinéma documentaire, a déclaré Hugues Le Paige, le président du jury. Résistance par l’image, la parole, la fuite, la révolte. Mais le cinéma documentaire est l’interprète d’une petite musique qui nous dit qu’il est toujours bon de se révolter dans ce monde injuste. »

Touchés. Avec son portrait d’une travailleuse sociale, Never Give Up, la réalisatrice papoue Ruth Ketau s’inscrit parfaitement dans cette optique et a remporté le Prix du meilleur court-métrage.

Enfant de Ponérihouen, Benoît Guichon a remporté deux prix pour le portrait de la grand-mère de sa compagne, Kiamou. « Je suis fier pour la grand-mère. J’ai fait ce film pour la transmission. La connaissance, c’est elle, c’est son visage, ses mains. C’est tout cela. »

Le public s’est, quant à lui, prononcé en faveur de Nick and Chai, un long-métrage sur un couple qui tente de se reconstruire après avoir perdu ses quatre enfants suite au passage du cyclone Haiyan, en novembre 2013. « Chez moi, aux Philippines, c’est difficile de convaincre le public d’aller voir autre chose que du mainstream, déplore Charena Escala. Ici, les gens sont venus aux projections. Je sais qu’ils ont été touchés, inspirés. Je l’ai vu dans leurs yeux. »

Photo : A. P.

Un cinéma de résistance, Les Nouvelles Calédoniennes, 26 octobre 2015.

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