Depuis 2010, le vice-rectorat organise un concours, dont l’objectif est de sensibiliser au fonctionnement et aux interventions de l’Union européenne. Avec à la clé : un séjour à Strasbourg et à Paris.
Par Aude Perron
Ce n’est pas un hasard si le vice-rectorat a récompensé les lauréats du concours scolaire « Raconte-moi l’Europe dans le Pacifique » le 9 mai. Hier, à l’occasion de la Journée de l’Europe, vingt élèves de première se sont vu primer pour un dossier qui devait présenter l’Union européenne, sa Constitution, son organisation, ses missions et ses domaines d’intervention dans les outre-mer et en Nouvelle-Calédonie.
En tout, trente-deux équipes de quatre élèves ont candidaté. Mais ce sont les dossiers de trois équipes du lycée du Grand-Nouméa, à Koutio, et deux équipes du lycée professionnel privé Père-Guéneau, à Bourail, qui se sont distingué. D’ailleurs, Médéric, 16 ans, ne réalise toujours pas que le 4 juin, il partira pour dix jours à Strasbourg, puis Paris, visiter le Parlement européen, l’Assemblée nationale et peut-être même le Sénat. « On ne pensait pas gagner, confie le lycéen bouraillais. On est juste un lycée professionnel, nous. »
Effet comic strip
Et pourtant, les deux équipes de son lycée se sont investies à raison de deux heures par semaine en dehors des cours, encadrées non seulement par leurs professeures d’histoire-géo, mais aussi de français et d’arts appliqués. Cette collaboration a donné deux dossiers. Dans l’un notamment, sous forme de roman-photo façon comic strip, les élèves se sont mis dans la peau de reporters à la recherche d’informations sur l’Union européenne. Effet plutôt réussi, loin d’un simple copier-coller de Wikipédia.
Au lycée du Grand-Nouméa, on participe chaque année à ce concours, depuis sa première édition en 2010, organisé par le vice-rectorat sous le parrainage du député européen Maurice Ponga. Mais c’est la première fois que l’établissement remporte les trois places réservées aux lycées d’enseignement général. « Ce concours est important car vu d’ici, l’Europe est loin. On a du mal à imaginer son impact sur la Nouvelle-Calédonie, explique Jean-Luc Faure, son proviseur. Et gagner ce concours, c’est, pour beaucoup de jeunes, aller en Métropole, voire prendre l’avion pour la première fois. Ça va être un choc culturel intéressant. »
Pour Yves Jacquier, délégué académique aux relations européennes et internationales au vice-rectorat, l’intérêt de participer à ce concours est pédagogique. Les lycéens développent des compétences disciplinaires et transdisciplinaires, telles que le travail d’équipe, l’autonomie et le travail dans la diversité : « Ce concours répond aussi aux ambitions du projet éducatif. Une des priorités, c’est l’ouverture à l’Océanie et au monde. Et donc à l’Europe, puisque la Nouvelle-Calédonie est une collectivité associée. »
L’Europe se célèbre le 9 mai
C’est le Conseil européen qui, en 1985, a instauré la Journée de l’Europe,
et a choisi la date du 9 mai. Cette date commémore la discours de Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, prononcé le 9 mai 1950. Ce discours proposait la construction d’une communauté
autour de deux ressources : le charbon et l’acier. Cette proposition, connue sous le nom de « déclaration Schuman », est considérée comme l’acte fondateur de l’Union européenne.
Photo : A. P.
Un concours pour mieux saisir l’Europe et s’en rapprocher, Les Nouvelles Calédoniennes, 10 mai 2016.

