Un pôle médical privé va sortir de terre en 2018

Porté par des médecins et autres praticiens libéraux, le Medisud est un ambitieux complexe qui réunira, autour du patient, pas loin d’une trentaine de professionnels médicaux et paramédicaux.

Par Aude Perron

Début juin, le premier coup de pelle sera donné. Ce n’est pas la moindre des constructions qui va débuter dans quelques semaines, tout au sud de la route de l’Anse-Vata, au niveau de la petite rue Tabou. A la place du restaurant Dolce Vita qui ferme ses portes dès ce soir, un vaste complexe devrait émerger et être opérationnel dès 2018. Le Medisud proposera cinq étages de cabinets de professionnels médicaux et paramédicaux.

Des espaces accessibles à tous

Des médecins généralistes, des infirmières, des dentistes, des kinés, des osthéopathes, des diététiciennes, un psychologue, un psychiatre et quelques autres spécialités en cours d’autorisation : en tout, entre 25 et 30 libéraux devraient se partager les 2 000 mètres carrés d’espace. Le rez-de-chaussée sera occupé par une pharmacie et le sous-sol abritera un parking sécurisé avec des places pour les ambulances. Des portes aux couloirs en passant par les ascenseurs : tous les espaces seront accessibles aux fauteuils roulants, brancards et lits médicalisés.

« Ce sera le plus gros centre médical de Nouméa et c’est surtout le premier centre fait par des professionnels pour des professionnels, explique Christophe Goujon, un des initiateurs du projet. Il y a une carence énorme en matière de centres médicaux modernes en Calédonie, alors que c’est répandu en Métropole et surtout dans les pays anglo-saxons ».

Le suivi des patients facilité

Cela fait 10 ans que le pharmacien souhaitait mettre sur pied un tel complexe dont il avait expérimenté la formule à Montpellier. Pour ce dernier, tout le monde y gagne. Pour les praticiens, « cela soulage notre activité professionnelle qui est lourde quand nous travaillons seuls. Nous pourrons mutualiser les moyens et partager nos gardes », estime un des médecins généralistes, qui compte s’installer au Medisud. Quant aux patients, gens pressés ou malades « poly-médicamentés », ils profiteront d’heures en continu et élargies et auront à portée de main tous les praticiens nécessaires.

Un des kinés qui déménagera, lui aussi, au Medisud, est certain que les patients seront ainsi mieux suivis : « Nous pouvons aider le patient dans ses démarches en le référant à un collègue qu’il n’oserait pas ou tarderait à aller voir, comme un psychologue par exemple. Nous pouvons faire ce lien en présentant ce patient, son dossier et faciliter son rendez-vous. » Mais il n’y a pas d’obligation de se référer les uns aux autres, insiste Christophe Goujon. « Il est certain que les professionnels arrivent par cooptation et qu’il y a un rapport de confiance entre nous, mais nous sommes tous des entités bien distinctes et les patients sont libres d’aller voir qui ils veulent. »

Structuré pour l’avenir

Tout comme Christophe Goujon, le kiné interrogé a déjà, lui aussi, travaillé dans un centre médical aussi complet que celui qui se prépare et est convaincu de ce fonctionnement. « Nous organisions des réunions pluridisciplinaires qui nous permettaient d’avoir une vision plus globale du patient et d’être plus réactifs. C’est le futur de travailler comme cela. » Christophe Goujon abonde dans ce sens et espère que les patients du Medisud seront suivis avec ce type de réunions entre confrères : « On met dans les mains du libéral de plus en plus d’actes, comme des sorties d’hôpital ou des fins de vie à domicile. Sur des pathologies comme le diabète ou l’obésité, le suivi actuellement fait par les hôpitaux ou les cliniques incombera de plus en plus au libéral. Quand cela arrivera vraiment, nous serons déjà structurés pour ça. Ce n’est pas le débat actuel, mais nous ouvrons la porte sur l’avenir. »

En attendant, en dehors des soins qui relèvent de la clinique, le nouveau centre médical fera en quelque sorte contrepoids à la future méga-clinique Ile Nou-Magnin à Nouville, selon le médecin généraliste interrogé. Une offre supplémentaire, en somme, pour les patients calédoniens « dont le confort n’en sera qu’amélioré. »

2 000. C’est la superficie en mètres carrés qu’occuperont les cabinets des professionnels médicaux et paramédicaux du Medisud.

Dernières pizzas à la Dolce Vita

Les amateurs de spécialités italiennes ont jusqu’à ce soir pour profiter de la cuisine de la Dolce Vita. Suite à la vente du foncier à Medisud, la petite institution de l’Anse-Vata ferme ses portes, après vingt-quatre ans de présence. Pour autant, l’enseigne ne disparaît pas du paysage nouméen. Début septembre, elle rouvrira, rue Bénébig, à Magenta, à la place du restaurant L’Improviste. « Ce sera une Dolce Vita plus conviviale, pour qu’on puisse mieux s’occuper des clients. J’aime bien discuter avec les gens », confie Jacques Long, qui gère le restaurant avec son fils Nicolas. Ainsi, de 120 couverts, le nouvel établissement n’en servira plus que 35. Que les amateurs de pizza se rassurent, une partie de l’équipe suit le mouvement, dont le pizzaiolo.

Photo : Thierry Perron

Un pôle médical privé va sortir de terre en 2018, Les Nouvelles Calédoniennes, 15 avril 2016.

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