Une nouvelle campagne pour stériliser chiens et chats

Après le succès obtenu l’an dernier, une deuxième opération d’aide à la stérilisation des chats et chiens se prépare. Plus de 900 animaux de propriétaires à faibles revenus sont attendus chez les vétérinaires.

Par Aude Perron

Elle a failli ne pas voir le jour, la faute à une subvention supprimée, mais tout est rentré dans l’ordre et la nouvelle campagne de stérilisation est désormais sur les rails. À partir de la fin de l’année, les propriétaires de chats et chiens pourront faire opérer leur animal de compagnie auprès de l’un des 35 vétérinaires participant à l’opération. Le but : lutter contre la prolifération des animaux qui engendre maltraitance et troubles du voisinage.

Une première vague a bien été lancée en décembre dernier, grâce à une subvention gouvernementale de 3,5 millions de francs et au bout de quelque quatre mois, près de 300 animaux avaient été opérés (des chiennes dans les trois-quarts des cas).

Pour ceux qui ont peu de revenus 

« C’est une question d’intérêt public, insiste Muriel Gautier, vice-présidente de la Spanc. Moins d’animaux, c’est moins de souffrance. Encore la semaine dernière, on a retrouvé huit chiots âgés de 15 jours dans un sac-poubelle sur un tas d’ordures près de notre refuge. Un des chiots était encore en vie. Des découvertes comme ça, c’est régulier. »

Cette fois, c’est une subvention de 10 millions de francs qui permettra d’opérer entre 900 et 1 000 animaux. Mais attention, la campagne s’adresse aux personnes qui n’ont pas les moyens de prendre en charge une opération qui peut coûter jusqu’à 45 000 francs (dans le cas de l’hystérectomie d’une chienne).

Pour ce faire, ces propriétaires – peu importe leur lieu de résidence – devront, dans un premier temps, s’identifier auprès de l’une des quatre associations de défense des animaux : la Spanc, Anis Stérilisation, SOS Animaux et l’Association d’assistance aux animaux du Caillou (AAAC).

Les vétérinaires font leur part

Ces dernières sont chargées d’évaluer la demande du propriétaire, jusqu’à demander la fiche d’imposition s’il y a un doute. « On va vite être submergé », prévoit Muriel Gautier qui rappelle que si le passage chez le vétérinaire est gratuit, chaque propriétaire est toutefois invité à « donner quelque chose ».

Dans un deuxième temps, des bons d’une valeur de 5 000 francs seront remis au vétérinaire de leur choix : un seul bon pour la castration d’un chat et jusqu’à trois dans le cas d’une chienne.

L’opération inclut l’identification de l’animal par insertion d’une puce électronique. Pour ces professionnels, c’est un manque à gagner d’environ 50 % sur chaque opération.

« On travaille à perte, fait remarquer Christine Bocquet, du Groupement technique vétérinaire de Nouvelle-Calédonie (GTV-NC). Mais c’est important de jouer le jeu et de montrer que nous sommes là pour protéger les animaux. »

Le bien-être animal

La castration, une affaire de bien-être ? Oui. Car, selon la praticienne, en occupant un territoire plus petit (ce qui implique  moins de bagarres et de risques de propagation de maladies), un chat stérilisé aurait une espérance de vie trois fois plus importante qu’un chat non stérilisé. La campagne devrait durer six à huit mois. Et après ? « La castration est une solution, à partir du moment où cela se fait d’une année à l’autre. Ça ne sert pas à grand-chose si l’opération n’est pas reconduite. Mais au-delà de la stérilisation, l’essentiel de cette campagne, c’est le bien-être animal. »

Surpopulation canine ?

Impossible de savoir combien le Caillou compte de chats et chiens, mais « il y a surpopulation canine, confirme Eric Franceschini, directeur du Syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN). Pour l’instant, la fourrière (gérée par le SIGN, N.D.L.R.) ne peut que répondre à l’urgence en capturant les chiens errants responsables d’attaques et de morsures. » L’an dernier, tout comme en 2013, ces captures s’élevaient à plus de 1 100. Un nombre qui montre que « trop de gens ne s’occupent pas de leurs animaux, poursuit-il. Il faut de vrais outils de gestion de la population canine. La solution ne réside pas dans de nouveaux agents sur la voie publique. »

Le chiffre

3. Trois fois plus d’animaux pourront être stérilisés lors de cette deuxième campagne qui devrait durer entre six et huit mois.

Le point de vue de… Coralie Lussiez, vétérinaire au Sivap (Davar)

Les Nouvelles calédoniennes : Depuis quand le gouvernement s’intéresse-t-il à la  question animale ?

Tout a commencé par la manifestation des associations de défense des animaux, il y a un an et demi. En réponse, nous avons mis en place un groupe de travail avec les associations, les vétérinaires et le SIGN (syndicat intercommunal du Grand Nouméa) pour réfléchir à la surpopulation et la souffrance animales. Nous avons financé une première campagne de stérilisation sur le budget supplémentaire 2014 et une deuxième doit démarrer d’ici la fin de l’année. Nous savons que nous n’allons pas entièrement régler le problème de surpopulation animale, mais ces campagnes permettent de faire de la sensibilisation et d’identifier les animaux.

En quoi l’identification est-elle importante ?

L’identification, par tatouage ou puce électronique, est un outil de gestion au même titre que la stérilisation.

Elle permet la traçabilité de chaque animal, ce qui donne la possibilité de retrouver son propriétaire en cas d’agression, d’accident sur la route ou de maladie. On sait qui est où. En France, l’identification de tous les carnivores domestiques est obligatoire depuis 2012.

Pourrait-elle le devenir en Calédonie ?

Nous avons un projet de texte qui le recommandera et ce sera au cédant que l’identification, qui a un certain coût, incombera. Également, nous imposerons à deux mois l’âge minimal de cession d’un animal. Un chiot sevré trop tôt n’a pas appris les limites. Cela peut donner un chien agressif ou turbulent, qui risque d’être abandonné. Ce texte pourra décourager « les usines à chiots » qui devront garder les petits plus longtemps et les avoir identifiés pour pouvoir les vendre ou les donner. C’est un outil réglementaire, mais nous sommes dans une démarche de sensibilisation, pas de contrôle.

Photo : Thierry Perron

Une nouvelle campagne pour stériliser chiens et chats, Les Nouvelles Calédoniennes, 25 novembre 2015.

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