Mardi, des représentants de nombreuses collectivités du pays ont inauguré le Conservatoire des espaces naturels. Un outil de concertation pour sauvegarder notamment la forêt sèche et le lagon calédonien.
Par Aude Perron
Le temps n’était franchement pas de la partie, hier. Mais l’on a fait contre mauvaise fortune bon cœur pour inaugurer, à la presqu’île de Foué, les locaux du nouveau Conservatoire des espaces naturels (CEN). Il s’agit là d’un outil intercollectivités dans lequel on retrouve toutes les institutions, des ONG, des centres de recherche et des associations. Et tous ces partenaires sont réunis dans un seul objectif : protéger la forêt sèche.
Auparavant, le programme forêt sèche, qui existe depuis 2001, était hébergé par convention à l’IAC. « Nos missions s’étoffent de plus en plus, explique Stéphane Hénocque, du CEN. Avec cette nouvelle structure, nous allons pouvoir mutualiser les moyens et les compétences de tous les partenaires. » Cette structure administrative prend donc la forme d’un groupement d’intérêt public (GIP), dont le budget de fonctionnement s’élève à 400 millions de francs sur cinq ans.
Fragmentée entre plusieurs centaines de sites, dont 22 sont prioritaires (car ils hébergent des espèces rares), la forêt sèche a tout à y gagner. Mais il n’y a pas qu’elle. Car le CEN va également se mettre au chevet du lagon et des récifs calédoniens. « Pour ce programme, il faut un point focal qui centralise toutes les informations afin qu’il y ait homogénéisation des méthodes de suivi de l’état du lagon et les récifs », soutient Nathalie Baillon, la directrice du CEN, qui ajoute que le CEN devrait bientôt hériter d’un troisième programme : la lutte contre les espèces envahissantes. Cependant, le rôle du conservatoire sera de coordonner, concerter et animer, tandis que la mise en place des actions restera aux collectivités.
Pour le moment, le CEN repose sur une équipe de trois personnes. Toutefois, à partir du mois de décembre, trois chercheurs de l’IRD viendront faire grandir les rangs : botanique, mangrove et biodiversité. « Nous nous sommes engagés à affecter des chercheurs qui seront basés le Nord. Ce ne seront pas des chercheurs du sud en mission ici. Nous voulons être véritablement partie prenante de ce conservatoire », assure Gilles Fédière, représentant de l’IRD en Nouvelle-Calédonie.
Avec cet outil, un petit pôle scientifique est en train de voir le jour, fait remarquer Victor Tutugoro, vice-président de la Province Nord. « Avec l’Ifremer et le Laboratoire-Pays , c’est tout une synergie qui est en train de se créer sur la presqu’île de Foué. »
Photo : A. P.
Vers un pôle scientifique, Les Nouvelles Calédoniennes, 21 septembre 2012.

