Les nouvelles pistes de l’aquaculture calédonienne

Mercredi avait lieu à Foué l’inauguration du Centre calédonien de développement et de transfert en aquaculture marine. Derrière le sigle barbare de CCDTAM, se cache en fait un laboratoire destiné à promouvoir la production piscicole calédonienne.

Par Aude Perron

Le temps n’était franchement pas de la partie, mercredi dernier. Mais une cinquantaine de personnes ont bravé la pluie, le vent et le froid pour se rendre au bout de la presqu’île de Foué et voir de leurs propres yeux l’état d’avancement du Centre calédonien de développement et de transfert en aquaculture marine (CCDTAM). Si cet événement tenait lieu « pose de la première pierre », le chantier, lancé début 2009 par la SAELM Grand projet VKP, est bien entamé et devrait se terminer d’ici la fin de l’année.

L’objectif de ce centre : doter le pays d’un laboratoire d’expérimentation afin que se  développent de nouvelles filières de production aquacoles et notamment, piscicoles. Tant pis pour les amateurs de tilapia, on mise pour le moment sur deux espèces locales en particulier, la loche truite et le pouatte. En effet, on estime que les prix de vente reflèteront les coûts de production et que ces espèces ont un fort potentiel à l’export. C’est donc expérimental, mais on espère qu’à moyen terme, les techniques d’élevage élaborées seront concluantes et que cette expertise pourra être transférée à des aquaculteurs privés en vue d’une exploitation commerciale. On souhaite ainsi répéter le succès de la crevetticulture calédonienne.

Crachin oblige, le geste, entre le maire de Koné, Joseph Goromido, et le sénateur coutumier de l’aire Paici Cemuhi, Gathélia Wabealo, s’est fait à l’abri dans le hall d’entrée devant des différents élus et autorités coutumières présents. Par la suite, le directeur de la SAEML VKP, Bernard Boué-Mandil, a rappelé qu’il s’agit bien d’un “laboratoire de pays” : financé à 31,6 % par l’État et respectivement 55,3 % et 13,1 % par les provinces Nord et Sud, ce centre de 576 millions de francs doit profiter à toute la Nouvelle-Calédonie. Toutefois, il s’est félicité que sept des onze entreprises impliquées dans le chantier proviennent de la zone VKP.

L’architecte Agnès Gezequel a pris le relai pour faire une visite guidée du chantier. Le CCDTAM comptera des salles de ponte, des salles d’élevage des larves ainsi que des salles de proies destinées à nourrir ces dernières. Deux bassins intérieurs de trente mètres cubes ainsi que quatre bassins extérieurs de cinquante mètres cubes feront office de nurserie. Une station de pompage d’eau de mer ainsi qu’un bassin tampon de 2500 mètres cubes sont également prévus.

Photo : A. P.

Les nouvelles pistes de l’aquaculture calédonienne, Les Nouvelles Calédoniennes, 20 mars 2010.

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